
Caryl Ferey, né à Caen, le 1er juin 1967, est un
auteur de roman policier. Ce grand voyageur, à vingt ans avait déjà fait le
tour du monde, travaillant, parfois, pour le Guide du routard. Ses souvenirs l’ont marqué, sans aucun doute. Aussi,
nous propose-t-il un thriller dans le cadre oppressant du Chili imprégné pour
longtemps par la tragédie qui l’a frappée. Le plan Condor fut en fait une
campagne d’assassinats et de lutte antiguérilla conduite par les services
secrets du Chili, d’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de
l’Uruguay. Elle ouvrit la porte à tous les excès, à toutes les tortures.
Le roman de Caryl Ferey se place alors que la dictature de Pinochet
vient de se terminer. Pour autant que sont devenus les tortionnaires ? Le
décret-loi d’amnistie, adopté en 1978, exonérait de leur responsabilité pénale
l’ensemble des personnes accusées d’avoir commis des violations des droits
humains entre le 11 septembre 1973 et le 10 mars 1978. Couverts par cette
impunité pour quelles raisons n’auraient-ils pas poursuivi leurs actions dans
le monde de l’argent facile, de la drogue et de la corruption ? Sur les
pas d’Esteban, le fils de famille bourgeoise et de Gabriella, jeune mapuche
victimes d’un amour impossible.
Ce roman m’a demandé de mieux comprendre le drame sud-américain,
la terreur qu’il inspira, la misère des uns, la richesse des autres, le dégoût
que peuvent ressentir les Estéban chiliens et le désir de vivre autrement de la
jeune Gabriella. Il n’est point nécessaire de publicité pour vous faire dévorer
ce livre, un simple conseil de lecteur suffira.
Publié par Jacques